Pourquoi l’Imam Khomeiny dans la première élection présidentielle après la victoire de la révolution islamique s’était-il opposé à la candidature des clergés tels que Besheti, Rafsanjani ou M. Khamenei ? (Politique & Histoire & Socio-Culturelle, )

Les questions sur l'Imam Khomeiny;
Catégorie : Politique & Histoire & Socio-Culturelle.
L’Imam Khomeiny et la première élection présidentielle après la victoire de la révolution islamique

Pourquoi l’Imam Khomeiny dans la première élection présidentielle après la victoire de la révolution islamique s’était-il opposé à la candidature des clergés tels que Beheshti, Rafsanjani ou M. Khamenei ?

 

Réponse :

Ceux qui sont initié aux bases de la pensée de l’Imam Khomeiny (paix à son âme), peuvent cerner facilement les raisons de son opposition à la candidature des clergés dans la première élection présidentielle après la victoire de la révolution islamique. Au-delà même de la présidentielle, l’Imam Khomeiny (paix à son âme) pensait que la majorité des membres de ce Conseil Révolutionnaire doit être composée des non-clergés. C’est ce qu’il laisse entendre dans une lettre adressée à l’ayatollah Hossein Noori Hamedani en novembre 1978, dans laquelle il lui demande de présenter des gens afin d’être désignés pour le Conseil Révolutionnaire, si lui ou ses collègues, à l’aide d’autres savants, les trouvaient convenables et il prend en considération six conditions suffisamment pour cette priorité dont le simple évocation est bien calire et ne demande aucune autre explication :

  1. Ne pas avoir l’idéologie des écoles égarées ni la volonté d’appartenir à ces écoles. N’avoir que des idéologies islamiques.
  2. Avoir la capacité d’administrer un ministère, c’est-à-dire être instruit et responsable.
  3. Avoir une renommée nationale, être patriote et avoir une bonne réputation.
  4. Ne pas être membre du gouvernement corrompu ou des deux Assemblées, renommées pour la corruption, de la dynastie pahlavi.
  5. Ne pas être un capitaliste et ne pas être renomé pour ses capitaux.
  6. Ne pas faire partir de la classe des clergés. » (Sahifeh-ye Imam, vol.5, p.151).

 

De même, le 23 octobre 1977, témoignant sa reconnaissance par rapport aux condoléances présentées par les diverses classes de la société concernant le martyre de Hajj Agha Mustapha, l’Imam avait tenu un long discours qui fut l’un des plus importants de ses discours politiques, théosophiques et philosophiques. Dans ce discours il s’était plaint en même temps des universitaires et des clergés. Dans sa plainte par rapport aux intellectuels, il a dit : « Ne dites pas que nous voulons l’islam sans les clergés », et dans la plainte par rapport aux clergés, il a dit : « N’éloignez pas de vous la classe universitaire ». Une partie de cette plainte qui est en rapport avec la question ci-dessus est comme suit : « N’éloignez pas de vous l’université. Le destin de la nation de demain se trouve entre les mains de ces universitaires. Toi, tu ne peux pas devenir ministre, toi et moi ne pouvons pas devenir des ministres, notre métier est différent. Demain, le destin de cette nation se trouve entre les mains de ces universitaires. C’est eux qui deviendront demain soit des avocats, soit des ministres… » (Sahifeh-ye Imam, vol.3, p.249.)

En révisant les cas similaires à ceux-ci, nous constatons que le principe de la nécessité de l’exécution des affaires du pays par des non-clergés, est démontrable dans la vision de l’Imam Khomeiny (paix en son âme), et cela est dû à plusieurs raisons dont nous allons présenter ici quelques-unes :

a)     L’administration du pays nécessite une connaissance dans plusieurs domaines et ces connaissances la plupart du temps s’acquièrent dans les universités, tandis que les institutions religieuses forment des spécialistes dans certains domaines limités. De ce fait, naturellement et logiquement, les universités dans le domaine des affaires exécutives ont plus de force et sont plus efficaces. Et si parmi les clergés on retrouve ceux qui ont ces capacités, cela ne sera pas une règle, mais une exception.

b)    L’Imam Khomeiny (paix à son âme) considérait la séparation des pouvoirs comme un fait rationnel et raisonnable. Parmi les 3 pouvoirs, l’un est purement exécutif et il est capital que ses responsables ne soient pas ceux qui sont spécialisés dans les institutions religieuses. Cependant, les deux autres pouvoirs, à savoir le pouvoir législatif et judiciaire, ont besoin des deux groupes des religieux et des universitaires. Par exemple, dans le cadre judiciaire, l’Ijtihad (l’effort fourni pour déduire les lois des textes religieux) est une modalité et le verdict d’un non canoniste, surtout dans les situations qui sont en rapport avec la vie des accusés, est illégitime. Or, l’ijtihad dans les affaires judiciaires ne signifie pas être clergé. Beaucoup de juges dans les affaires judiciaires sont considérés comme des canonistes et ont la connaissance suffisante des sources juridiques islamiques, sans toutefois avoir étudié dans les institutions religieuses. Toutefois, au début de la révolution islamique, le nombre de canonistes non-clergés dans les affaires judiciaires qui maitrisaient bien les sources de la jurisprudence islamique, était minime. C’est pourquoi, l’Imam à cette époque n’empêchait non seulement les clergés de participer dans les affaires judiciaires, mais encourageait plutôt ceux qui maitrisaient les affaires juridiques à s’intéresser au pouvoir judiciaire. Cependant, dans les affaires du pouvoir législatif qui doivent être examinées du point de vue des sources religieuses et aussi du point de vue des affaires courantes et exécutives du pays en termes de diverses spécialités, l’Imam n’a émis aucune restriction et interdiction pour les clergés, bien que même dans ce domaine, il souhaitait un équilibre entre le nombre des clergés et le nombre des non-clergés au sein de l’assemblée, ce qui peut être déduit pour l’Assemblée des experts de la constitution

c)     Le pouvoir exécutif doit être plus exposés aux critiques et plus surveillé que les deux autres pouvoirs afin qu’il ne plonge pas dans la perversion et la corruption…

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