Le Mossad et la guerre psychologique contre l’Iran : un média israélien dévoile un plan de changement de régime

Le Mossad et la guerre psychologique contre l’Iran : un média israélien dévoile un plan de changement de régime

Un grand média israélien a publié un rapport détaillé affirmant que le Mossad a créé ces dernières années, en marge de ses opérations de sécurité traditionnelles, une branche spécialisée dans les « opérations d’influence » contre l’Iran. Sa mission : façonner l’opinion publique iranienne, exacerber les fractures entre la population et le pouvoir, éroder la légitimité de la République islamique et préparer le terrain à une désintégration progressive de la structure de pouvoir en place. Rédigé sur un ton ouvertement sécuritaire, proche du discours des services de renseignement israéliens, ce rapport soutient que Tel-Aviv ne cherche plus seulement à endiguer le programme nucléaire iranien, mais qu’une partie de l’appareil sécuritaire israélien poursuit désormais le « changement de régime » comme objectif stratégique.

Note de la rédaction de Jamaran

Le contenu de ce rapport se limite au reflet fidèle d’un article publié dans un média israélien et ne saurait en aucun cas être interprété comme une validation des allégations, récits ou analyses qu’il contient. Sa diffusion vise exclusivement à documenter les dimensions de la guerre psychologique, des opérations médiatiques et des stratégies d’ingérence menées par le régime sioniste contre l’Iran — révélant que ce régime, au-delà des menaces militaires et sécuritaires, conduit un projet systématique visant à influencer l’opinion publique, créer des divisions sociales et déstabiliser le pays de l’intérieur. La responsabilité des allégations contenues dans le texte original incombe entièrement au média israélien et à ses sources. Jamaran a procédé à la traduction et à la republication de ce document dans le seul but d’informer ses lecteurs sur la nature du discours médiatico-sécuritaire du régime sioniste.

Une branche clandestine dévoilée : « Nous n’en avons pas fini avec l’Iran »

Selon le service international de Jamaran, un article intitulé « La branche secrète du Mossad révélée : nous n’en avons pas encore fini avec l’Iran, nous faisons tout juste nos premiers pas », signé Itai Ilnai, a été publié dans un média israélien grand public. Ce média s’inscrit dans la mouvance sécuritaire-modérée du paysage politique israélien et couvre généralement les positions de l’armée, des services de renseignement et des institutions sécuritaires avec un niveau de détail considérable.

L’article adopte un ton résolument partisan de la stratégie offensive israélienne contre la République islamique et brosse un tableau de succès et de transformation au sein du Mossad. Il cherche à démontrer qu’Israël ne se contente plus d’endiguer le programme nucléaire iranien, mais qu’une fraction de son appareil sécuritaire poursuit activement le « changement de régime » en Iran comme véritable objectif stratégique.

La réforme Barnea : naissance d’une unité d’influence

L’article explique qu’après la nomination de David « Dadi » Barnea à la tête du Mossad en 2021, celui-ci a procédé à une refonte profonde de l’organisation. Barnea était convaincu que le Mossad accusait un retard considérable face aux mutations technologiques, à l’essor des réseaux sociaux et à la guerre cognitive. Plusieurs nouvelles branches furent ainsi créées et les structures héritées du passé furent remaniées. La plus notable d’entre elles est la « branche des opérations d’influence », dont la mission est définie comme suit : influencer l’opinion publique iranienne, creuser le fossé entre la population et le pouvoir, saper la légitimité de la République islamique et contribuer à l’érosion puis à la chute du régime.

Un personnage identifié par le pseudonyme « O. », fondateur et ancien directeur de cette branche, prend pour la première fois la parole dans ce reportage. Il confie que lorsque le projet fut lancé, évoquer l’expression « changement de régime » au sein du Mossad était presque tabou. La culture institutionnelle de l’organisation était en effet centrée sur les opérations « dures » — assassinats, sabotages, explosions. Par le passé, toute opération devait se conclure par « quelque chose qui explose ou quelqu’un qui meurt ». Agir sur l’esprit et les émotions des individus paraissait étrange, voire suspect. Barnea, lui, était arrivé à la conviction que sans guerre psychologique et opérations d’influence, la confrontation avec l’Iran resterait insuffisante.

La photo comme arme : l’opération de 2022

Parmi les exemples les plus saisissants que relate l’article figure l’affaire d’un haut responsable iranien en 2022, en plein mouvement de contestation soulevé par la mort de Mahsa Amini. Une photographie de cet officiel fut soudainement diffusée lors d’un voyage à l’étranger, le montrant aux côtés d’une femme non voilée. Sa publication déchaina une vague d’indignation sur les réseaux sociaux iraniens. Selon l’article, cette opération avait été orchestrée par le Mossad, qui détenait ce cliché depuis 2011, mais avait délibérément attendu le moment le plus sensible pour le lancer. Aux yeux du Mossad, l’opération avait ainsi atteint deux objectifs simultanément : éliminer politiquement une figure sécuritaire clé et attiser les braises de la contestation intérieure.

La « machine à poison » : le réseau de manipulation sur les réseaux sociaux

L’article décrit ensuite le grand projet du Mossad : une « machine à poison » déployée sur les réseaux sociaux. Ce dispositif repose sur des milliers de faux comptes, des campagnes médiatiques coordonnées, la diffusion d’informations ciblées, la dégradation de l’image du pouvoir et l’attisement du mécontentement populaire. L’une des sources de l’article affirme que « tout homme politique aurait rêvé de disposer d’un tel réseau ». Selon le reportage, le Mossad ne s’est pas limité aux faux comptes : il a également collaboré avec de véritables influenceurs, à l’intérieur et à l’extérieur de l’Iran, et a même, dans certains cas, eu recours à l’intelligence artificielle pour générer des personnalités et des influenceurs virtuels, chargés d’amplifier les messages hostiles au pouvoir.

Analyser la société iranienne de l’intérieur

L’article révèle que le Mossad avait constitué une unité spécialisée dans l’analyse de l’opinion publique iranienne, des médias, des sondages et des réseaux sociaux. Le responsable de cette branche affirme qu’ils ont abouti à la conclusion qu’une grande partie de la population iranienne ne croit plus au système et que le fossé entre l’État et la société s’est creusé de façon alarmante. Les mouvements de protestation des dernières années ne seraient, selon lui, que la manifestation visible d’une crise de légitimité bien plus profonde.

Briser le mythe de l’invulnérabilité : la stratégie de la peur

L’obstacle majeur identifié par le Mossad était la peur. La République islamique, selon l’article, a construit l’image d’un pouvoir imprenable. Tant que cette représentation resterait intacte, les citoyens ne retrouveraient pas le chemin des rues. Une part des opérations psychologiques israéliennes fut donc consacrée à démontrer la pénétrabilité de l’appareil sécuritaire iranien. L’un des exemples les plus marquants fut la diffusion de photos montrant des agents du Mossad sur le sol iranien lors de l’opération « Lionceau ». Si beaucoup avaient cru à l’époque que ces images visaient uniquement à un usage propagandiste interne en Israël, l’article révèle que leur véritable destination était le public iranien : faire comprendre à la population que l’appareil sécuritaire de la République islamique n’est pas omniscient et que ses failles sont réelles.

Le piratage de la télévision d’État iranienne

Le reportage signale également que lors des frappes israéliennes, la télévision officielle de la République islamique fut piratée et des messages de Donald Trump, Benyamin Netanyahou et Reza Pahlavi furent diffusés à l’antenne, appelant la population à se soulever. Cet acte est décrit comme un élément intégrant du projet plus large de guerre psychologique et d’incitation à l’insurrection intérieure.

La restructuration du Mossad : des agents non israéliens en Iran

L’article aborde également les réformes opérationnelles menées par Barnea : il a dissous la branche traditionnelle « Tzomet », chargée du recrutement et de la gestion des agents, pour la remplacer par plusieurs nouvelles unités. La plus importante d’entre elles avait pour mission de recruter des non-Israéliens pour des opérations en territoire ennemi. Lors des opérations « Lionceau » et « Rugissement du lion », des dizaines d’agents non israéliens auraient été actifs en Iran, ciblant des systèmes de défense aérienne, des lanceurs de missiles et des installations militaires. L’auteur souligne que même en interne au Mossad, peu croyaient qu’un tel réseau pourrait fonctionner sur le sol iranien sans être démasqué.

Les protestations du bazar de Téhéran : un signal décisif

L’article fait référence aux protestations du bazar de Téhéran en décembre 2025, que les sources du Mossad considèrent comme un événement majeur. Contrairement à ce qui était attendu, ces manifestations n’étaient pas portées par la jeunesse urbaine ou les partisans de Reza Pahlavi, mais par le bazar lui-même — bastion traditionnel du pouvoir. Le Mossad y lisait le signe que le mécontentement avait désormais dépassé les frontières de catégories sociales spécifiques pour toucher le cœur des soutiens traditionnels du régime. Toutefois, l’article reconnaît que la gestion de ces troubles par le pouvoir a permis de renforcer temporairement « l’atmosphère de la peur » et de rétablir un semblant de contrôle.

Coopération avec les Kurdes et réseaux d’opposition

Parmi les révélations les plus importantes, l’article mentionne le programme du Mossad visant à collaborer avec des forces kurdes en Iran et dans les zones frontalières. Des groupes kurdes auraient été formés et équipés pour jouer un rôle déstabilisateur en cas d’extension de la crise interne. L’article indique également que le Mossad a noué des contacts avec certains courants de l’opposition dans l’espoir de voir émerger, à terme, une alternative politique ou sécuritaire viable, sans toutefois fournir davantage de détails sur ce point.

Convergence Mossad–CIA et débat sur l’échec de l’effondrement immédiat

L’article explique que le Mossad et la CIA partageaient la conviction que la combinaison d’opérations militaires, de pression économique, de guerre psychologique et de mécontentement interne pourrait finalement user le régime jusqu’à son effondrement. Barnea aurait même transmis cette analyse à Donald Trump avant les frappes. Pourtant, à l’issue des opérations, le pouvoir iranien n’est pas tombé, soulevant des critiques à l’encontre du Mossad. Les responsables de l’organisation répondent toutefois n’avoir jamais espéré un effondrement immédiat au lendemain des bombardements : ils considèrent ces opérations comme le point de départ d’un processus d’érosion à plus long terme.

Conclusion : « Le début d’un processus irréversible »

En conclusion, l’ancien chef de la branche d’influence du Mossad affirme que les opérations militaires récentes ne constituent qu’une composante d’un projet israélien plus vaste, et que la phase principale des opérations d’influence ne fait que commencer. Son objectif déclaré est d’abréger la durée de vie de la République islamique. Il soutient que le processus de désintégration du régime, aussi lent soit-il, a désormais pris de la vitesse. Que l’effondrement prenne quelques mois ou une année, le Mossad est convaincu que ce qui a été enclenché en Iran est irréversible.

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