L’engagement sans trahison : De l'Imam Khomeini (ra) au Guide martyr (ra)

L’engagement sans trahison : De l'Imam Khomeini (ra) au Guide martyr (ra)

Son excellence Dr. Ali Komsari, Président de l'Institut pour la compilation et la publication des œuvres de l'Imam Khomeini

La République islamique d’Iran, malgré ses faiblesses internes, incarne concrètement le « camp du vrai face au camp du faux ». Le martyre du Guide suprême de la Révolution ne marque pas une rupture, mais une régénération profonde selon la logique de la ba’tha — cette résurrection née du sang des martyrs.
Comme l’enseignait l’Imam Khomeini, le peuple qui triomphe est celui qui ne cède pas à la peur, car sa force réside dans une conviction en une puissance supérieure aux armes et aux instruments matériels. Aujourd’hui, face à l’arrogance impériale, cette foi ravivée par le sang du Guide martyr unit le peuple et renforce la continuité de la Révolution.

La réflexion sur le parcours de la Révolution islamique nous ramène inévitablement à cette question essentielle : quel élément a distingué ce mouvement des hauts et des bas ordinaires qui caractérisent habituellement les mouvements politiques ? À mon sens, la réponse réside dans la vision du monde ancrée dans le monothéisme et les principes religieux de l’Imam Khomeini. Son décès en 1989 ne constitua pas, pour la génération qui avait porté la Révolution, un simple événement de deuil. Ce fut une grande épreuve : celle de la continuité d’une école de pensée. L’Imam lui-même avait déclaré que les ennemis ne devaient pas s’imaginer que ce mouvement disparaîtrait avec le martyre de ses grandes figures. « Ce mouvement ne peut plus être arrêté. » Ces paroles revêtent aujourd’hui, après le martyre du sage Guide de la Révolution, un sens encore plus profond et chargé d’histoire.

Aux yeux de l’Imam Khomeini, le concept d’estekbar — l’arrogance impériale — n’était pas une simple étiquette politique, mais une catégorie ontologique directement issue du Coran.

Dès les années 1960, bien avant le début de sa lutte ouverte contre le régime Pahlavi, il mettait en garde contre le régime usurpateur d’Israël, tout en soulignant avec une grande précision méthodologique : Israël n’est qu’« un instrument aux mains de l’Amérique ». C’est l’Amérique qui a lancé le régime sioniste contre les peuples de la région.

Aujourd’hui, certains analystes insistent sur l’influence du lobby sioniste aux États-Unis. Selon moi, cette lecture aboutit en réalité à blanchir l’Amérique. Car son corollaire logique est le suivant : si l’on parvenait à affaiblir ce lobby, l’Amérique deviendrait alors une puissance acceptable.

L’Imam Khomeini, à l’inverse, était convaincu que cette arrogance dominatrice était profondément enracinée dans la nature même de la structure du pouvoir américain. Tant que cette disposition ne serait pas éradiquée, toute relation avec les États-Unis ne pourrait être qu’une « relation entre le loup et l’agneau ».

Les événements récents — en particulier la guerre du Ramadan en février 2026 et les frappes préemptives de l’ennemi — ont une fois de plus démontré à quel point la République islamique se trouve à un tournant décisif de son histoire. Dans ce contexte, le martyre du Guide suprême de la Révolution ne saurait être réduit à un simple incident sécuritaire. Il doit être appréhendé comme un événement fondateur de la vie politique et spirituelle du pays. Il n’est pas tombé dans un bunker souterrain ni en exil, mais dans son propre bureau, en état de jeûne, entouré des membres de sa famille. La tradition prophétique — « Lorsqu’un savant meurt, une brèche s’ouvre dans l’islam, que rien ne pourra combler jusqu’au Jour du Jugement » — trouve ici une illustration parfaite et sans équivoque. Le Guide martyr était le disciple le plus éminent et le plus combatif encore vivant de l’école de l’Imam Khomeini. Pendant près de quatre décennies, il a tenu le gouvernail de la Révolution. Malgré des sanctions tous azimuts et un blocus économique implacable, il a porté le pays à un niveau de puissance dissuasive qui lui a permis de tenir tête concrètement à l’Amérique et à Israël.

Pour saisir toute la profondeur de cette continuité, il nous faut relire l’expérience de la Révolution dans sa première décennie. Aussitôt après la victoire révolutionnaire, une guerre nous fut imposée. Non seulement le régime baassiste irakien, mais aussi les deux blocs, Est et Ouest, ainsi que les gouvernements vassaux du Golfe Persique, se dressèrent contre la jeune République islamique. Durant ces mêmes années, les Monaféqines (groupe terroriste) organisèrent, avec l’appui logistique de puissances étrangères, de multiples assassinats collectifs : de la catastrophe du 7 Tir (28 juin 1981), qui coûta la vie à 72 hauts responsables, jusqu’aux attentats ciblés qui suivirent. Ce que cette période nous enseigne aujourd’hui, c’est une vérité lumineuse : contrairement à ce que croient les ennemis, le sang des martyrs ne paralyse pas le mouvement, il le régénère. Il s’inscrit dans la logique de la ba’tha (Résurrection), cette renaissance après la mort symbolique. Le martyre du Guide de la Révolution s’inscrit précisément dans cette même logique. Les études de terrain menées avant la guerre du Ramadan faisaient état d’un recul relatif du capital social et d’une certaine apathie dans la société. Nombre d’analystes étrangers jugeaient alors probable l’effondrement de la République islamique. Pourtant, le martyre du Guide devint un point de bascule inattendu. Contre toute attente, le peuple occupa les places publiques pendant quarante jours, sous les bombardements aériens. Les franges grises de la société — celles qui paraissaient indifférentes — non seulement ne se détournèrent pas de la Révolution, mais rallièrent activement les rangs de la résistance à l’agression extérieure. Ce phénomène illustre exactement le concept de ba’tha dans la pensée de l’Imam Khomeini, et fait écho à la dernière affirmation explicite du Guide martyr : « une résurrection qui n’est pas un simple réveil, mais une germination au cœur même de la mort — une recréation de l’identité collective. »

C’est dans cette même perspective qu’il faut percevoir la campagne Janfada — « Ma vie pour la Nation » — qui a rassemblé plus de trente millions de participants. Ce phénomène traduit quantitativement la profondeur d’une croyance collective en l’école du martyre. Dans le cadre intellectuel de l’Imam Khomeini, le peuple victorieux est celui qui ne cède pas à la peur. Cette absence de peur n’est pas un état psychologique passager, mais le fruit d’une conviction profonde en une puissance supérieure aux instruments matériels. À propos de l’incident de Tabas, l’Imam déclara : « Le sable était au service de Dieu » ; et à propos de la libération de Khorramshahr : « C’est Dieu qui l’a libérée. » Ces paroles renvoient, dans son système épistémologique, au principe fondamental lâ mu’aththira fi-l-wujûd illa-llâh — « Dieu est la seule cause efficiente réelle » — un principe qui demeure à l’œuvre aujourd’hui dans les événements en cours et dans la guerre du Ramadan. Ce qui s’est produit ces derniers jours — la brisure du prestige illusoire de l’Amérique et du régime israélien — ne constitue pas une simple victoire tactique sur un champ de bataille, mais la manifestation concrète de la même tradition badrienne, celle de la bataille de Badr, au cours de laquelle, selon le texte coranique, les anges divins furent envoyés au secours des croyants. La tradition intellectuelle de l’Imam Khomeini repose sur deux piliers essentiels : d’une part, une lutte sans relâche contre l’arrogance dominatrice, sans jamais absoudre symboliquement l’ennemi ; d’autre part, la préservation de la cohésion sociale comme capital stratégique. Aujourd’hui, toute voix qui chercherait à semer la discorde au sein des combattants et du front universel de la résistance contre l’arrogance impériale se place, consciemment ou non, dans le camp de l’ennemi. La division a toujours été un poison mortel ; dans les circonstances actuelles, à l’aube du franchissement d’un col historique décisif, elle est plus fatale que jamais.

Ce qui demeure de ce moment charnière, c’est cette vérité fondamentale : la République islamique d’Iran, malgré toutes ses lacunes et ses faiblesses en matière de gouvernance, incarne concrètement le « camp du vrai face au camp du faux ».

Cette affirmation n’est pas d’ordre sentimental. Elle peut être évaluée à l’aune des critères épistémologiques de l’Imam Khomeini lui-même. À ses yeux, le « vrai » et le « faux » ne sont pas de simples catégories abstraites : ils se définissent par rapport à l’estekbar — la rébellion contre Dieu — et à l’esteslam — la soumission au commandement divin. La République islamique, en dépit de ses faiblesses managériales et de certains dysfonctionnements dans ses appareils exécutifs, demeure, au niveau macroscopique de la vision du monde monothéiste et du rejet de la domination étrangère, le représentant du pôle opposé à l’ordre impérial arrogant. C’est cette identité fondatrice qui explique que même les faiblesses internes ne peuvent altérer la nature fondamentalement conflictuelle du système. Car cette confrontation n’est pas un choix stratégique conjoncturel, mais le fruit direct des fondements intellectuels de la Révolution. Selon les propres mots du Guide martyr : « La pensée de l’Imam est le logiciel de la République islamique. » Tant que ce logiciel sera relu et actualisé, la fonction principale du système dans sa confrontation avec le « camp du faux » perdurera. Le sang du Guide martyr a scellé cette continuité. Il incombe à tous, et particulièrement aux serviteurs du système, de préserver le capital social et de protéger l’unité — non comme une simple opportunité politique, mais comme une nécessité à la fois épistémologique et opérationnelle.

De même que l’Imam Khomeini, au lendemain de l’incident de Tabas, avait averti Carter qu’il avait ruiné son propre crédit politique, on peut affirmer aujourd’hui, au vu des faits avérés, que les dirigeants de la Maison-Blanche qui ont lancé une agression contre l’Iran ne connaîtront pas un sort plus enviable que celui de Carter.

Je conclus cet article en m’appuyant sur les paroles de l’Imam Khomeini : « Le peuple qui triomphe est celui qui ne cède pas à la peur ; et cette absence de peur est le fruit d’une conviction en une puissance qui transcende les armes et les instruments de guerre. »

Cette même foi en la puissance divine infinie se trouve aujourd’hui ravivée dans le cœur de ce peuple, ainsi que dans les consciences éveillées du monde entier, par la résurrection née du sang du Guide martyr.

Puissions-nous poursuivre ensemble ce chemin avec clairvoyance, en nous fondant sur une lecture rigoureuse de l’héritage intellectuel de l’Imam Khomeini et du Guide martyr, et en suivant les directives du Guide suprême de la Révolution islamique, Sa Sainteté l’Ayatollah Sayed Mojtaba Khamenei — que Dieu le préserve.

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