Selon le correspondant de Jamaran, le 20 mordad 1357, correspondant au 6 du mois béni de ramadan 1398 de l'hégire lunaire, l'Imam Khomeini adressait une lettre à son frère aîné, feu l'ayatollah Seyed Mortéza Pasandideh, dans laquelle il répondait point par point aux questions que ce dernier lui avait soumises. Voici le texte de cette lettre :
Au nom de Dieu le Très-Haut. 6 du mois de jeûne, 1398.
Je porte respectueusement à votre connaissance que votre honorable lettre m'est parvenue après un délai parfois assez long ; je forme des vœux pour votre santé et votre bonheur.
1. Au sujet de l'eau du bien de mainmorte (waqf), j'ai déjà écrit et répondu à plusieurs reprises : louez-la de la manière que vous jugerez convenable et confiez-la aux gens.
2. Pour ce qui concerne les achats ou les réparations nécessaires dont vous ne m'avez pas précisé la nature, vous êtes pleinement autorisé à agir selon ce que vous estimerez opportun.
3. Ce qui a été retiré des dépenses de subsistance en vue du khôms n'est pas soumis au khôms lorsque, pour une excuse valable, on n'a pu ou voulu l'utiliser.
4. Pour la somme disponible relative au terrain, versez-en le khôms par précaution, et disposez du reste ou envoyez-le comme vous le souhaitez.
5. Au sujet de la question de Monsieur Anvari, il n'est pas possible d'agir ; que l'affaire reste en suspens.
6. Je ne peux, pour ma part, citer le nom ni des gens du front, ni de leur chef, ni en faire la promotion ; leur voie diffère de la nôtre.
7. Je ne suis pas en mesure, pour l'instant, de résoudre la question de la maison, quelle qu'en soit la difficulté. Cependant, concernant les éléments que je vous avais rapportés, j'ai vérifié certains d'entre eux et ils se sont révélés inexacts ; d'autres ont été démentis par des personnes qui se trouvaient alors sur place, et je n'en ai aucune information certaine. On a également interrogé Monsieur Abtahi au sujet de la venue de certains éléments : il l'a formellement démentie. Quoi qu'il en soit, il n'est pour l'instant rien possible d'entreprendre ; on verra ce qu'il adviendra.
8. Je vous demande instamment d'éviter de vous adresser à quelque administration que ce soit, pour quelque motif que ce soit ; cela est extrêmement pénible, aussi bien pour vous que pour moi. Je vous en avais déjà averti auparavant, mais il semble que cela ne vous soit pas parvenu.
9. Concernant votre retour à Qom après ce mois, si rien de nouveau ne survient, il n'y a apparemment pas d'obstacle, puisque l'ordre a été annulé et que la résidence à Khomein n'a aucun caractère officiel ; je pense qu'il n'y aura pas de réaction particulière non plus. Quoi qu'il en soit, la décision vous revient.
10. Votre contrariété m'attriste moi-même ; et je crois que les propos de ceux qui viennent se plaindre et qui vous causent ce tourment ne sont pas toujours bien fondés. Jusqu'à présent, personne, depuis l'Iran, ne m'a saisi de ces questions, et lorsque j'ai interrogé des gens de Qom, ils m'ont dit n'avoir rien constaté de tel. Mon souhait est simplement que vous ne vous laissiez pas troubler par cela.
11. Vous avez évoqué le comportement de certaines personnes de l'entourage : il est effectivement regrettable. Il en a toujours été ainsi depuis le début, mais on ne peut rien y faire ; une intervention risquerait même d'avoir un effet contraire. Il faudrait les exhorter, mais cela semble, là encore, sans effet ; que Dieu les corrige Lui-même. Tenez-moi informé de votre état de santé, et faites-moi part de votre avis sur les affaires de Qom : il sera suivi. Je déclare, et je continue de déclarer, votre opinion décisive en la matière.
Salut sur vous.