Le principe : les mêmes droits
L'imam Khomeiny a formulé le principe sans ambiguïté : « Dans le régime islamique, la femme a les mêmes droits que l'homme : le droit d'étudier, le droit de travailler, le droit de propriété, le droit de voter, le droit d'être élue. Dans tous les domaines où l'homme a un droit, la femme l'a aussi. Cependant, il existe pour l'homme des choses qui lui sont interdites parce qu'elles engendrent la corruption, et il en existe de même pour la femme. L'islam a voulu que la dignité humaine de la femme et de l'homme soit préservée. L'islam a voulu que la femme ne soit pas un jouet entre les mains de l'homme. » (Sahifeh-ye Imam, vol. 5, p. 189)
La pensée de l'imam forme un système fondé sur la complétude de la religion, qu'on peut examiner sous ses faces mystique, philosophique, juridique et politique. Seules les deux dernières sont abordées ici, brièvement.
L'angle juridique : un système qui reste ouvert
En droit religieux, le consensus des juristes veut que des fonctions comme la judicature ou la direction de la prière du vendredi ne soient pas confiées aux femmes. Mais un point importe ici : l'imam appartenait à l'école usuli, pas à l'école akhbari. Pour les juristes usuli, la porte de l'ijtihad, l'effort d'interprétation, n'est jamais fermée. Si un mujtahid, en s'appuyant sur les principes et les fondements du droit et en tenant compte des circonstances de temps et de lieu, parvient à une conclusion différente du consensus établi jusqu'ici, on ne peut pas dire qu'il est sorti du système juridique de l'imam.
L'angle politique : le vote du peuple et la Constitution
Sur le plan politique, l'imam Khomeiny ne séparait pas la politique de la religion et reconnaissait au vote du peuple une authenticité religieuse, dont l'effet le plus important se cristallise dans la Constitution du pays. Or la Constitution de la République islamique a posé des restrictions à l'accès des femmes à certains postes.
Pour la candidature à la présidence de la République, le texte emploie le mot « rejal », que certains juristes tiennent pour une notion extensible ; mais l'interprétation de la loi revient au Conseil des gardiens, qui a jusqu'ici entendu ce mot au sens d'hommes. En revanche, l'accès des femmes aux autres postes clés, ministères, postes de gouverneur de province ou de préfet, directions générales, ne rencontre aucun obstacle légal et s'accorde avec la position de l'imam. Il faut ajouter que l'imam tenait la Constitution pour un pacte national, non pour une révélation intangible : il en a laissé la révision ouverte, et il a insisté sur cette révision dans les derniers jours de sa vie.