Souvenirs inédits de feu Nourollah Shahabadi sur sa collaboration avec l’ayatollah martyr Beheshti

Souvenirs inédits de feu Nourollah Shahabadi sur sa collaboration avec l’ayatollah martyr Beheshti

Feu l’ayatollah Nourollah Shahabadi, fils de l’ayatollah Mohammad Ali Shahabadi — maître spirituel et mystique de l’Imam Khomeini — revient sur plusieurs décennies d’amitié et de collaboration avec l’ayatollah Mohammad Beheshti. De leurs études communes à Ispahan à leurs projets de prédication en Allemagne, puis à leurs activités culturelles et éducatives avant la Révolution, ce témoignage éclaire un pan peu connu de leur parcours.


Portail de l’Imam Khomeini : Dans ce témoignage inédit, feu l’ayatollah Hadj Cheikh Nourollah Shahabadi, fils de l’ayatollah Mohammad Ali Shahabadi, évoque ses années d’études à la faculté de théologie d’Ispahan et l’intérêt qu’il partageait avec l’ayatollah Beheshti pour la diffusion de la pensée islamique en Allemagne.

Son récit aborde leurs contraintes personnelles et familiales, le rôle majeur de la mosquée de Hambourg ainsi que leurs collaborations culturelles durant les années précédant la Révolution islamique.

Ma rencontre avec le docteur Beheshti

« J’ai fait la connaissance du docteur Beheshti en 1327 du calendrier iranien, soit en 1948, à Ispahan.

Nous avons alors découvert que nous nous étions tous les deux inscrits, à la même période, à la faculté de théologie. En juin 1951, M. Beheshti et moi-même avons achevé nos études universitaires à Ispahan, en même temps que M. Kamal Mousavi, qui est d’ailleurs toujours en vie.

Dès cette époque, M. Beheshti et moi réfléchissions à la possibilité de nous rendre dans des pays dynamiques, notamment en Allemagne, afin d’y mener des activités de prédication islamique et de contribuer au développement du mouvement islamique.

L’Allemagne offrait, à différents égards, un environnement particulièrement favorable. Après la Seconde Guerre mondiale, le pays se trouvait dans une situation singulière et le coût de la vie y était très faible.

Je pense qu’avec 250 marks — ce qui équivalait alors à environ 250 tomans — il était possible de financer les études d’un étudiant en Allemagne.

Nous discutions donc régulièrement de la manière de concrétiser ce projet. M. Beheshti s’était déclaré prêt à partir.

L’un de nos amis, M. Mostafavi, s’était déjà rendu en Allemagne avec MM. Mir-Aftab et Rassekh. Ces derniers sont encore en vie, mais je n’ai reçu aucune nouvelle d’eux depuis de nombreuses années.

Un projet empêché par les contraintes familiales

Nous avons, nous aussi, envoyé nos dossiers en Allemagne. Malheureusement, M. Beheshti rencontra un obstacle semblable au mien.

Ma mère s’opposa à mon départ. De son côté, il fut confronté à une difficulté familiale comparable, qui le conduisit finalement à renoncer, lui aussi, à se rendre en Allemagne à ce moment-là.

Il partit ensuite pour Qom, où il enseigna progressivement l’anglais et participa à l’organisation des activités de l’école religieuse.

Il poursuivit ce travail jusqu’à ce que ses activités attirent l’attention des autorités. Il fut alors contraint de quitter Qom pour s’installer à Téhéran.

L’ayatollah Beheshti et la mosquée de Hambourg

À cette époque, feu l’ayatollah Khansari suivait également la situation. C’est finalement dans ce contexte que M. Beheshti fut envoyé à la mosquée de Hambourg.

Pour ma part, je m’étais rendu en Allemagne avant lui, alors que l’ayatollah Boroujerdi était encore en vie. M. Beheshti y partit après le décès de celui-ci.

Durant son séjour, la mosquée de Hambourg avait besoin d’importants travaux, mais aussi d’une véritable organisation institutionnelle.

M. Beheshti prit en charge la tenue des réunions, l’organisation des activités et la structuration du centre. Plus tard, M. Mohammad Mojtahed Shabestari vint également l’assister dans cette mission.

La collaboration culturelle après son retour à Téhéran

Lorsque M. Beheshti revint d’Allemagne à Téhéran, je menais déjà différentes activités culturelles.

De son côté, il travaillait à la rédaction des manuels scolaires en collaboration avec feu Mohammad Javad Bahonar et M. Barqaï.

Nous restions occasionnellement en contact. Par exemple, pour la préparation des manuels d’enseignement religieux destinés aux classes de troisième et de quatrième années du secondaire, M. Beheshti travaillait à l’école Mofid, dans l’ouest de Téhéran, tandis que feu Bahonar exerçait ses activités à l’école Mousavi.

Nous travaillions donc dans deux secteurs différents, à l’est et à l’ouest de Téhéran, mais nous avons continué à entretenir des relations jusqu’à l’arrivée de la période révolutionnaire, lorsque chacun fut absorbé par ses propres responsabilités.

Je ne me suis rendu qu’une seule fois au ministère de la Justice pour rencontrer M. Beheshti. Une personne originaire de notre province, le Golestan, était venue afin de lui présenter une plainte concernant les crimes commis par un individu qui était depuis lors décédé. »

Source : Archives de l’Institut de compilation et de publication des œuvres de l’Imam Khomeini.

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