Quand revient le printemps,
Moi qui avais vieilli, je retrouve ma jeunesse ;
Assis auprès du Bien-Aimé,
De la vie enfin je recueille le fruit.
Je retourne au jardin
Et rejoins la compagnie des fleurs ;
Dans ce jardin,
Je serre entre mes bras le Bien-Aimé au visage de lune.
Un jour, derrière moi je laisserai
L’automne et ses fleurs fanées,
Afin que, dans le jardin de l’âme,
Me parviennent les nouvelles
Du Bien-Aimé semblable à la rose.
Les plumes et les ailes
Que j’avais perdues au cœur du mois de Dey,
Lorsque revient le printemps,
Par l’union avec le Bien-Aimé,
De nouveau me sont rendues.
En automne,
J’étais assis dans ce désert ;
Mais voici que le printemps est revenu :
Pour rejoindre le Bien-Aimé,
Je reprendrai la route.
Et si l’échanson,
De cette coupe où boivent les amants,
M’accorde seulement quelques gouttes,
Alors, languissant d’amour,
Je soulèverai le voile de son visage.