Le discours prononcé aujourd’hui par le président Massoud Pezeshkian devant l’Assemblée générale des Nations unies ne se limitait pas à une succession de positions sur la guerre, les sanctions, le dossier nucléaire ou les évolutions régionales. Une même idée traversait l’ensemble de son intervention : l’Iran veut la paix, mais une paix négociée en position de force, pas de faiblesse.
Pezeshkian a cherché à présenter un Iran porteur de deux messages complémentaires. D’un côté, le pays ne refuse ni le dialogue ni les négociations. De l’autre, il n’a pas oublié les attaques, l’assassinat de dirigeants, de commandants et de scientifiques, ni la mort de civils et d’enfants innocents. Dans cette logique, négocier ne signifie pas accepter la menace ou la contrainte.
Son attitude et son ton allaient dans le même sens. Il ne parlait ni comme le représentant d’un pays vaincu ni comme celui d’un État cherchant la guerre. Son message était plutôt celui-ci : nous négocions, mais nous ne négocions pas en position de faiblesse.
La fermeté de son discours s’expliquait également par les événements auxquels il a fait référence. Il a évoqué l’attaque qu’il a attribuée à des terroristes américains contre une école et la mort d’enfants, les attaques contre des sites civils à Lamerd et Minab, ainsi que la mort de scientifiques, de commandants et d’autres victimes de la guerre. En évoquant aussi l’assassinat du dirigeant qualifié de martyr dans le texte, il cherchait à rappeler que, pour l’Iran, la question de la sécurité ne relève pas d’un débat abstrait.
C’est dans ce contexte qu’il faut comprendre l’une de ses déclarations les plus directes :
"Ceux qui sont eux-mêmes des terroristes et qui forment des terroristes nous qualifient de terroristes."
Par cette phrase, Pezeshkian a cherché à contester le récit américano-israélien sur l’Iran et à porter devant l’opinion internationale la question du terrorisme et de ce qu’il présente comme l’application de doubles standards.
L’idée centrale de son discours pourrait se résumer ainsi :
"La paix en position de force : négocier sans se soumettre et disposer d’une capacité de dissuasion pour empêcher la guerre."
Pezeshkian ne sépare donc pas la puissance militaire et la défense de la diplomatie. Dans son raisonnement, la puissance soutient l’action diplomatique, tandis que la diplomatie doit permettre d’aboutir à la paix.
En rappelant les victimes civiles, des enfants tués dans une école aux autres habitants touchés par le conflit, il a également posé une question politique et morale à son auditoire : si la sécurité et la vie humaine constituent des principes fondamentaux, ceux-ci ne devraient pas être appliqués de manière sélective.
Son message n’était donc ni un appel à la guerre ni un abandon des négociations. L’Iran, selon la position exposée dans ce discours, reste disposé à rechercher la paix, mais considère qu’une paix obtenue sous la menace ou la contrainte ne peut durer.
L’ensemble de l’intervention peut finalement se résumer par une idée : la puissance n’est pas destinée à faire la guerre, mais à empêcher qu’elle soit imposée et à éviter que les négociations ne se déroulent en position de faiblesse.