Sepideh Kashani

Une élégie pour un cyprès (figure aimée et vénérée) emporté par la mort, entre larmes retenues et souvenir tenace.

ID: 87076 | Date: 2026/08/20

On a fait sortir notre âme de l'étroite cage, cent lieux de prière ont porté les fleurs de la folie.


Le ciel est resté saisi devant cette ferveur de résurrection, car sur le chemin des amants on portait le corps du cri des siècles.


Jusqu'à ce que ce cyprès retire son ombre du jardin, les larmes ont escorté la patience et le silence.


Cyprès libre, toi qui menais le cercle des ivres d'amour, pourquoi t'a-t-on couché aujourd'hui la tête renversée ?


Tes lèvres silencieuses récitent cent sourates d'innocence, la nouvelle de ton départ nous est venue comme un sortilège.


Notre regard, océan, reste suspendu à ton chemin, en offrande, les vents ont porté ton souvenir, parfumé comme le musc.


Notre cœur fatigué s'était accoutumé à ta parole, à la place du cœur, on a vu jaillir une source de sang.