La réponse de l’imam Khomeini à la lettre de la mère du martyr Seyyed Ali-Asghar Kia

Le 23 Mordad 1367, peu après l’acceptation par l’Iran de la résolution 598 du Conseil de sécurité de l’ONU, l’imam Khomeini répondit à une lettre de Shamsi Nourani, mère du martyr Seyyed Ali-Asghar Kia. Profondément touchée par le message dans lequel l’imam avait comparé l’acceptation de la résolution à l’ingestion d’un « calice de poison », elle lui avait écrit pour lui exprimer son soutien et lui offrir un bracelet en or ainsi qu’une partie de son salaire afin de contribuer aux besoins du front. L’imam lui retourna le bracelet comme cadeau personnel et annonça qu’il verserait lui-même au front une somme équivalente.

ID: 86878 | Date: 2026/08/14

La résolution 598 avait été acceptée. Dans le message adressé à la population iranienne à cette occasion, l’imam Khomeini avait employé une formule restée célèbre, comparant cette décision à l’ingestion d’un « calice de poison ».


Ces paroles avaient profondément affecté nombre de ses partisans. Après l’acceptation de la résolution, l’imam avait également suspendu ses rencontres publiques.


Parmi ceux qui furent touchés par son message figurait Shamsi Nourani, mère du martyr Seyyed Ali-Asghar Kia. Elle avait perdu son fils pendant la guerre, alors qu’il participait à la défense du pays. Elle décida d’écrire à l’imam pour lui faire part de la peine que lui causait la souffrance qu’elle percevait dans son message.


Elle joignit également un cadeau à sa lettre. L’imam Khomeini lui répondit le 23 Mordad 1367, correspondant au premier jour du mois de Muharram 1409.


« Je suis la mère de l’un des martyrs »


Shamsi Nourani commence sa lettre en ces termes :


« Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux.


À la haute et sainte présence du grand dirigeant de la Révolution islamique, Son Éminence le grand ayatollah Imam Khomeini, que mon âme lui soit sacrifiée.


Que la paix soit sur vous.


Ne souhaitant pas, dans ces circonstances sensibles, prendre de votre précieux temps, j’irai directement à l’essentiel.


Je suis la mère d’un martyr, Seyyed Ali-Asghar Kia, l’un des nombreux martyrs de notre cher islam. Au début de ma vie, j’ai perdu accidentellement mon époux bien-aimé, qui appartenait à la descendance du Prophète. J’ai poursuivi ma vie avec les quatre enfants qu’il m’avait laissés. J’ai offert l’un d’entre eux à l’islam et à votre cause durant la guerre imposée, et aujourd’hui encore, je suis prête à accomplir mon devoir. »


« Votre message a ôté la tranquillité à la nation »


La mère du martyr évoque ensuite directement le message de l’imam Khomeini sur l’acceptation de la résolution 598 :


« Imam, votre message empreint de douleur et d’épreuve concernant l’acceptation de la résolution 598 a ôté la tranquillité au corps et à l’âme de la nation iranienne, aux opprimés du monde et, tout particulièrement, aux familles des martyrs.


Soyez certain qu’eux aussi l’ont avalée comme cette gorgée de poison dont vous avez parlé. Mais lorsque quelque chose est accompli pour la satisfaction de Dieu et dans l’intérêt de notre cher islam, toute épreuve devient supportable. »


Elle affirme ensuite sa conviction que les ennemis de l’islam cherchent à affaiblir cette religion, tout en assurant l’imam de sa détermination et de celle de ses compatriotes à poursuivre leur engagement.


Elle invoque l’exemple d’Abraham, du Prophète Mohammad, de l’imam Ali, de Fatima Zahra et de leur descendance immaculée, avant de rappeler les manifestations organisées à l’occasion de l’Aïd al-Ghadir.


Selon elle, la mobilisation populaire avait montré que les Iraniens étaient prêts à affronter la mort plutôt que d’accepter « l’humiliation et l’abaissement face aux ennemis de l’islam ».


« Que votre cœur ne soit pas attristé »


Dans l’un des passages les plus personnels de sa lettre, Shamsi Nourani s’adresse directement à l’imam :


« Imam, que les circonstances présentes ne viennent surtout pas couvrir de poussière votre grandeur ni attrister votre cœur.


Nous vous assurons que nous laverons de nos larmes votre cœur et votre manteau, et que par notre sang nous dresserons un fleuve, et par nos corps un barrage devant les ennemis de l’islam, afin qu’ils y soient engloutis et immobilisés. »


Un bracelet en or et six mois de salaire


Shamsi Nourani explique ensuite qu’elle avait économisé un bien qu’elle envisageait initialement d’utiliser pour améliorer les conditions de vie de sa famille.


Elle choisit finalement de l’offrir pour répondre aux besoins du front :


« Imam, je vous présente ce modeste cadeau que j’avais mis de côté et pour lequel j’avais imaginé tant d’utilisations afin d’améliorer ma vie et celle de mes enfants. Je l’offre désormais pour contribuer aux besoins des fronts de guerre.


J’ai également fait le vœu d’offrir six mois de mon salaire. Je vous envoie donc aujourd’hui le cadeau en question, un bracelet en or, ainsi que trente mille rials correspondant à un mois de salaire. Je remettrai le reste par la suite, si Dieu le veut. »


À la fin de sa lettre, elle demande humblement à l’imam de lui répondre, même par quelques mots écrits de sa main.


Elle signe :


« Hajieh Shamsi Nourani, étudiante en sciences religieuses et servante du Comité de secours Imam Khomeini de Kashan, mère du martyr Seyyed Ali-Asghar Kia. »


La réponse de l’imam Khomeini


L’imam Khomeini lui adressa une réponse courte et personnelle :


« Au nom de Dieu.


Ma chère fille, Madame Hajieh Shamsi Nourani,


J’ai lu votre lettre pleine d’émotion. Je ne sais comment témoigner ma reconnaissance envers vous et envers les personnes qui vous ressemblent. Face à tant d’affection et de sincérité, je ne peux rien faire d’autre que vous remercier et prier pour vous.


Je vous renvoie votre bracelet afin qu’il soit, de ma part, un cadeau pour vous. Je verserai moi-même au front une somme équivalente.


Quant à votre vœu d’offrir six mois de salaire, transmettez de ma part mes salutations les plus chaleureuses à vos chers enfants, ces êtres précieux de la noble nation iranienne.


Que Dieu soit votre soutien et votre protecteur.


23/5/67
Rouhollah al-Moussavi al-Khomeini »