L’ÉTINCELLE DU CHAGRIN

ID: 86517 | Date: 2026/06/10


Celui qui nous lia au chagrin
Nous a laissés dans la solitude ;
N’as-tu donc pas vu
Combien peu lui importait notre détresse ?


S’il te faut une preuve visible
De mes douleurs enfouies,
Regarde mes larmes couleur de sang
Ruisseler sur mon visage pâli.


Quand mes pleurs apaisent
L’ardeur brûlante de mon cœur,
Je répands sur les deux mondes
L’étincelle du chagrin, mêlée à mes froids soupirs.


Le tourbillon n’aurait-il pas contemplé
Ton beau visage au milieu du jardin ?
Pourquoi, sinon, jetterait-il la poussière
Sur les pétales délicats des fleurs ?


Jamais je ne détournerai mon visage
Du seuil de Ta demeure,
Quand bien même, deux cents fois,
Tu me bannirais loin de Toi.


Et si j’apprends que, contre moi,
Toi, le ravisseur des cœurs, Tu as choisi le combat,
Prêt à sacrifier ma vie,
Je m’élancerai vers le champ de bataille.


Hindī composa ce sonnet,
Bien qu’un maître eût déjà déclaré :
« Je ne suis pas celui qui provoque ;
Mais si tu es brave, viens donc essayer. »