Le testament politico-divin de l'Imam Khomeini : quelle vision de l'avenir ?

L'avenir reste par nature incertain, presque insaisissable, et c'est précisément ce caractère insondable qui a poussé tant de penseurs à vouloir l'anticiper, voire à le façonner. Comprendre les réalités sociales à venir, les lois qui gouverneront demain une société, les conditions qui l'encadreront : ces questions ont toujours occupé les esprits qui réfléchissent à ce qui viendra après eux. L'Imam Khomeini, juriste à la vision large et guide soucieux de l'intérêt général, a condensé dans son testament politico-divin l'essentiel de ses réflexions scientifiques et spirituelles sur les défis, les préoccupations et l'avenir de la communauté musulmane, en particulier de l'Iran, après la révolution islamique. Ce texte, puisé dans la source coranique, dépasse le cadre de son époque et garde une portée pratique à chaque relecture.

ID: 86460 | Date: 2025/10/17

Le testament politico-divin de l'Imam Khomeini rassemble l'ensemble des recommandations et des préoccupations qu'il a exprimées tout au long de sa vie pour la communauté. Il fonctionne comme une feuille de route pour la poursuite de la révolution islamique et le maintien du régime de la République islamique, organisé autour du velayat-e faqih et des valeurs qui lui étaient chères. Le texte porte un regard tourné vers l'avenir sur l'ensemble des questions politiques, sociales, morales et doctrinales. Il s'ouvre sur le hadith des deux poids (thaqalayn) et invite les générations futures à s'attacher en permanence au Livre et à la famille du Prophète, sans jamais négliger l'un au profit de l'autre — c'est dans la parole divine et la conduite des infaillibles qu'il situe le salut des musulmans, en ce monde comme dans l'autre. Pour l'Imam, la réalisation de l'islam et l'instauration d'un gouvernement islamique conditionnent l'avenir des peuples musulmans, et au-delà, de l'humanité entière. Il rappelle aux opprimés qu'un avenir réussi passe par l'unité de la communauté musulmane, met en garde contre les dangers de la division pour l'Iran, et alerte sur les complots à venir — en particulier le risque d'une propagande sécularisante infiltrant certains religieux et croyants peu vigilants. L'application de la justice islamique figure parmi les priorités qu'il fixe dans ce texte.


L'Imam recommande sans cesse aux responsables politiques, qu'ils siègent au Parlement ou au gouvernement, de ne jamais relâcher leur service auprès du peuple, en particulier des plus démunis. L'éloignement possible des responsables politiques vis-à-vis de la population, dans l'Iran de demain, constitue l'une de ses préoccupations constantes.


Le risque d'un fossé entre universitaires et religieux, que les grandes puissances hostiles cherchent selon lui à creuser, fait partie des inquiétudes qu'il porte pour l'avenir de la révolution islamique. Il en va de même pour l'éducation culturelle, de l'école primaire jusqu'à l'université et aux niveaux supérieurs. Cette insistance montre qu'il anticipait une propagande culturelle massive de la part des ennemis de l'islam et de la révolution, et qu'il appelait à s'en prémunir.


Autrement dit, l'Imam Khomeini considère l'atteinte culturelle comme le danger le plus sérieux qui menace l'avenir de la révolution islamique — un danger interne, qu'il juge plus destructeur encore que les manœuvres extérieures des grandes puissances. Il met en garde contre les dérives possibles de certains enseignants universitaires, appelle à l'unité entre séminaires religieux et universités, et se montre particulièrement attentif au risque d'occidentalisation ou d'orientalisation de la jeunesse. Une éducation rigoureuse fondée sur les valeurs islamiques et nationales, qui renforce la confiance en soi des jeunes, figure parmi ses recommandations les plus insistantes pour l'avenir du régime. Il s'inquiète aussi d'une possible infiltration d'éléments déviants au Parlement, et insiste sur le choix rigoureux des candidats à l'Assemblée des experts comme à la présidence, ainsi que sur une participation populaire active aux élections. Le bon fonctionnement du pouvoir judiciaire le préoccupe également, et il donne des consignes précises sur les qualités requises des juges.


Dans un passage marqué par une attention particulière, l'Imam écrit ceci à propos du pouvoir judiciaire : il recommande au guide ou au conseil de direction de veiller, lors de la nomination du plus haut responsable judiciaire, à choisir des personnes engagées, expérimentées, compétentes en matière religieuse, islamique et politique. Il demande au Conseil supérieur de la justice de remettre de l'ordre, avec sérieux, dans un appareil judiciaire tombé dans un état déplorable sous l'ancien régime, d'écarter ceux qui jouent avec la vie et les biens des gens sans se soucier de justice islamique, et de transformer progressivement, avec persévérance, le système judiciaire. Il souhaite que des juges formés dans les séminaires religieux, en particulier celui de Qom, remplacent ceux qui ne remplissent pas les conditions islamiques requises, pour qu'une justice pleinement islamique s'installe dans tout le pays.


On voit donc que l'Imam Khomeini portait une attention particulière à l'avenir de la justice, à l'application du droit islamique et à l'assainissement de l'appareil judiciaire. Il exprime aussi une vision anticipatrice des risques pesant sur les séminaires religieux, appelant à empêcher l'infiltration d'éléments déviants ou de faux religieux dans ces institutions — un phénomène qu'il jugeait particulièrement dangereux — et demande aux savants et enseignants de préserver la jurisprudence islamique authentique.


Le respect des droits du peuple par les responsables exécutifs, le service sans distance envers les citoyens, et la sobriété de vie des dirigeants et des cadres politiques comptent aussi parmi les recommandations de l'Imam pour l'avenir.


Un autre volet prospectif du testament concerne l'avertissement adressé aux peuples musulmans face au risque de domination des grandes puissances mondiales et à leurs complots contre l'islam.


L'Imam s'exprime également sur l'avenir de l'éducation, de la maternelle jusqu'à l'université, et appelle à une planification rigoureuse en la matière. Il met en garde contre l'infiltration étrangère dans la culture locale, considère la domination culturelle occidentale comme le prélude à une mainmise sur les ressources économiques des pays musulmans, dont l'Iran, et alerte fermement contre l'émergence d'écoles de pensée déviantes tournées vers l'Occident, qu'il relie aux stratégies du système colonial.


Sur le rôle des forces armées, l'Imam insiste sur leur importance pour préserver la souveraineté nationale islamique, tout en mettant en garde contre leur entrée dans le jeu politique — coups d'État et changements de régime inclus. Il souhaite que des commandants intègres soient placés à leur tête, afin qu'aucun coup d'État ni aucune mainmise militaire sur le pays ne puisse aboutir. Sa consigne est claire : les forces armées, qu'elles soient militaires, de police, gardiens de la révolution ou bassidjis, ne doivent adhérer à aucun parti ni groupe, et doivent rester à l'écart des jeux politiques. C'est à cette condition, selon lui, qu'elles préservent leur puissance et échappent aux divisions internes ; il demande aux commandants d'interdire à leurs subordonnés toute affiliation partisane.


Une autre recommandation prospective de l'Imam vise les médias — radio, télévision, presse, cinéma, théâtre — et le risque qu'ils véhiculent une culture occidentale. Il souligne que des contenus télévisés importés d'Occident ou d'Orient peuvent détourner les gens de leur vie normale, du travail et de la création de valeur, jusqu'à les couper d'eux-mêmes, à nourrir la méfiance envers leur propre pays, voire envers leur culture et leurs traditions. Il insiste donc fortement sur la mission des médias : diffuser une culture authentique.