Dans un communiqué conjoint rendu public à l'issue du deuxième jour de cette quatrième série de négociations, Washington, Beyrouth et Tel-Aviv ont annoncé que le Liban et Israël étaient convenus d'un cadre pour mettre en œuvre la trêve et engager des discussions directes pour en assurer la pérennité.
Selon ce texte, publié par le département d'État américain, l'application du cessez-le-feu est subordonnée à un arrêt total des opérations militaires du Hezbollah et au retrait de l'ensemble de ses forces au nord du fleuve Litani. Cette condition s'oppose frontalement à la position de la résistance libanaise, qui exige, pour sa part, que tout accord soit précédé d'une cessation complète des agressions israéliennes.
Le communiqué précise également que le Liban et Israël se sont engagés, sous l'égide américaine, à accélérer la mise en place de zones pilotes placées sous le contrôle exclusif de l'armée libanaise, à l'exclusion de tout acteur non étatique.
Les trois parties ont affirmé que ces mesures pourraient constituer un socle propice à des avancées vers un accord global en matière de paix et de sécurité. Elles ont par ailleurs réaffirmé que l'avenir des relations libano-israéliennes devait être déterminé exclusivement par les gouvernements légitimes des deux pays, écartant toute influence d'acteurs non étatiques sur le destin du Liban.
Le texte indique que les délégations des deux pays ont discuté d'un cadre sécuritaire élaboré dans le prolongement des réunions tenues au Pentagone le 29 mai dernier. Ce cadre vise à garantir, de manière durable, la sécurité, la souveraineté et l'intégrité territoriale des deux États, et inclut la question du désarmement des groupes armés non étatiques.
Washington a réaffirmé son soutien aux gouvernements libanais et israélien dans l'exercice de leur souveraineté, soulignant que tout accord mettant fin aux hostilités devrait impérativement résulter de négociations directes entre les deux parties, avec la médiation des États-Unis. Les Américains ont également réitéré leur engagement à renforcer les capacités de l'armée libanaise afin qu'elle puisse étendre son autorité sur l'ensemble du territoire national.
Du côté israélien, le communiqué avance que la sécurité d'Israël ne pourra être garantie que par le désarmement du Hezbollah et le démantèlement de ses infrastructures au Liban, et que des négociations directes sous conduite américaine sont indispensables à l'établissement d'une paix durable.
Le Liban, de son côté, a mis en avant la nécessité du respect mutuel des frontières internationalement reconnues, de l'application intégrale du cessez-le-feu, ainsi que du maintien de l'intégrité territoriale et de la pleine souveraineté de l'État libanais. Beyrouth s'est en outre engagé, avec l'appui américain, à accroître les capacités de son armée pour qu'elle assure le contrôle de l'ensemble du pays.
Selon l'accord annoncé, les deux parties reprendront les négociations politiques et sécuritaires à compter de la semaine du 22 juin, en vue de parvenir à un accord global, avec Washington jouant le rôle de médiateur permanent dans ce processus.
Ces développements surviennent alors que le Hezbollah maintient sa position : tout accord est conditionné à l'arrêt de l'ensemble des violations israéliennes et au retrait des forces d'occupation des territoires libanais. Dans l'incapacité d'imposer sa volonté sur le terrain face au Hezbollah, Israël cherche à atteindre, par la voie diplomatique et avec le concours américain, son objectif stratégique de désarmement du mouvement, en traitant directement avec le gouvernement de Beyrouth.
Source : Jamaran / ISNA