L’échec de l’opération de Tabas et le message de l’imam Khomeini (ra)

Cet article revient sur l’intervention militaire américaine à Tabas, son échec provoqué par une tempête de sable, ainsi que sur le message de l’imam Khomeini, qui présente cet événement comme une victoire divine et un tournant politique ayant contribué à l’affaiblissement du président Carter.

ID: 85686 | Date: 2026/04/25

Après l’attaque américaine à Tabas, l’imam Khomeini adresse un message capital au peuple iranien


La victoire de la Révolution islamique iranienne, en février 1979, et l’instauration du régime républicain islamique fondé sur des principes religieux authentiques, ne se sont pas limitées à la chute de l’édifice du régime Pahlavi. En s’imposant comme une puissance régionale portant le slogan de l’unité du monde musulman et en dépassant les frontières géographiques des pays islamiques, cette révolution a également mis en échec les stratégies sécuritaires et les intérêts régionaux des États-Unis.


Les États-Unis, qui avaient consacré tous leurs efforts à soutenir le régime du Shah et à empêcher la victoire de la Révolution, transformèrent après celle-ci leur ambassade à Téhéran en une base destinée à concevoir et à exécuter des complots contre le jeune État islamique, sous couvert d’immunité diplomatique.


Les tentatives américaines pour faire échouer la Révolution, ainsi que l’arrivée du Shah aux États-Unis avec l’autorisation du président Jimmy Carter, ouvrirent une nouvelle phase, marquée par une méfiance croissante entre les deux pays. C’est ainsi que le 13 Aban 1358 (4 novembre 1979), près de deux semaines après la rencontre entre Mehdi Bazargan et Zbigniew Brzezinski en Algérie, un groupe d’étudiants iraniens – plus tard connus sous le nom « d’étudiants musulmans suivant la ligne de l’Imam » – prit d’assaut l’ambassade américaine à Téhéran et prit en otage 53 ressortissants américains. L’imam Khomeini approuva cette action, qualifiant la prise de l’« antre de l’espionnage américain » de « seconde révolution ».


L’occupation de l’ambassade, l’éviction du gouvernement provisoire, la consolidation du pouvoir révolutionnaire islamique et la prolongation de la crise des otages, associées à l’échec des plans américains pour libérer leurs espions, engendrèrent de graves divergences au sein de l’appareil diplomatique américain sur la conduite à tenir face à la Révolution islamique.


Bien que le Conseil de sécurité nationale dirigé par Brzezinski préconisât une action militaire décisive, une unité d’élite de 132 hommes, surnommée « Delta Force », fut finalement constituée pour mener une opération en Iran et libérer les otages. Après de longues études, dans la nuit du 4 Ordibehesht 1359 (24 avril 1980), sept avions C-130 et huit hélicoptères militaires américains prirent la direction du sud de l’Iran dans le cadre de l’opération « Eagle Claw » (griffe d’aigle). Ils franchirent les frontières aériennes et se posèrent à Tabas.


Mais quelques heures plus tard, une violente tempête de sable provoqua, dans le désert de Pasht-e Badam, une collision entre deux appareils lourdement armés, qui explosèrent. Huit militaires américains périrent. Les Américains décidèrent alors d’annuler l’opération et de battre en retraite.


Immédiatement après cet échec, Carter reconnut publiquement, dans une déclaration diffusée dans le monde entier par la radio américaine, l’échec de l’opération. Le magazine Time, dans son édition du 5 mai 1980, publia un article intitulé « Échec dans le désert », dans lequel on pouvait lire :


« La mission de Carter pour sauver les otages s’est consumée dans les flammes. Pour Carter en particulier, et pour les États-Unis en général, l’affaire de Tabas fut un échec militaire et politique. Une fois déjà, l’armée américaine, puissante et lourdement armée, avait sombré dans l’impuissance au Vietnam ; et voilà qu’elle se révélait incapable, après quatre mois d’entraînement intensif, d’empêcher ses propres appareils d’entrer en collision, alors même qu’aucun ennemi n’avait eu vent de leur présence. »


De son côté, l’imam Khomeini, par sa clairvoyance légendaire, adressa au peuple iranien un message d’une grande importance, dont voici des extraits significatifs :


« Peuple combatif d’Iran, vous avez entendu parler de l’intervention militaire américaine, et vous avez également entendu les excuses de Carter.


J’ai dit à maintes reprises que, pour accéder à la présidence, Carter était prêt à commettre tous les crimes et à mettre le monde à feu et à sang ; les preuves s’en accumulent. L’erreur de Carter est de croire qu’en recourant à de telles manœuvres absurdes, il pourrait détourner le peuple iranien – qui n’hésite devant aucun sacrifice pour sa liberté, son indépendance et pour l’islam bien-aimé – de sa voie, qui est celle de Dieu et de l’humanité.


Carter n’a toujours pas compris à quel peuple il a affaire, ni avec quelle doctrine il joue. Notre peuple est un peuple de sang, et notre doctrine est le jihad. Cet homme, prétendument humaniste ! pour obtenir quelques années de présidence et commettre ses crimes, a sacrifié des vies. Il prétend n’avoir perdu que huit hommes pour minimiser son crime, alors que la nature même des faits atteste que des dizaines de personnes ont péri pour assouvir ses passions, et que d’autres errent encore, désorientées et mourantes, dans le désert de Lut. Son affirmation selon laquelle il aurait rapatrié tous les passagers contredit les rapports qui nous sont parvenus.


Carter doit savoir que si ce groupe avait attaqué le centre d’espionnage américain à Téhéran, il ne resterait aucune trace d’eux ni des cinquante espions détenus dans l’antre de l’espionnage ; tous auraient rejoint l’enfer.


Carter doit savoir qu’une attaque contre l’Iran est une attaque contre toutes les terres musulmanes, et que les musulmans du monde ne resteront pas indifférents.


Carter doit savoir qu’une attaque contre l’Iran entraînera la cessation de l’exportation de pétrole vers le monde entier et soulèvera la planète contre lui.


Carter doit savoir que cet acte insensé retournera le peuple américain contre lui, au point que ses partisans deviendront ses adversaires.


Carter doit savoir que, par cette action d’une extrême maladresse, il a réduit à néant son prestige politique et qu’il doit perdre tout espoir de conserver la présidence.


Par cet acte, Carter a prouvé qu’il avait perdu sa capacité de réflexion et qu’il était incapable de diriger un grand pays comme les États-Unis.


Carter doit savoir que notre peuple de 35 millions d’âmes a été élevé dans une doctrine qui considère le martyre comme un bonheur et une fierté, et qui sacrifie son âme et sa vie à cette doctrine. »


*(Sahifeh-ye Emam, vol. 12, p. 255-256)*


Comme on le voit, dans cette partie de son message, l’imam Khomeini considère que l’objectif principal de Carter, au-delà de la libération des otages, était de remporter l’élection pour un second mandat. Carter arrivait alors à la fin de son premier mandat et cherchait activement à forger une stature politico-sociale et à se poser en héros national. Une issue victorieuse de l’opération aurait pu lui ouvrir la voie vers une réélection en héros triomphant.


Or, l’échec américain plongea l’Amérique dans une vague de désespoir national. Brzezinski, conseiller à la sécurité nationale, déclara :


« L’affaire honteuse de l’Iran (l’incident de Tabas) fut l’un des trois facteurs majeurs de la défaite de Carter ; elle suscita dans le pays un sentiment général de désespoir. »


William Sullivan, ancien ambassadeur des États-Unis à Téhéran, qualifia cet événement de « période d’humiliation nationale de l’Amérique » , écrivant :


« La politique molle et négligente du gouvernement Carter et ses actes déraisonnables ont conduit à la prise d’otages des membres de l’ambassade américaine, et une période d’humiliation nationale sans précédent dans l’histoire des États-Unis a commencé. »


Barry Rubin, spécialiste du Moyen-Orient, affirma de son côté :


« L’affaire de Tabas fut une défaite douloureuse pour Carter et une victoire pour l’Iran ; elle a gravement affaibli la position internationale des États-Unis. »


Un autre point essentiel du message de l’imam est que le peuple iranien, à travers son grand mouvement islamique et par la ligne rouge du jihad et du martyre – considérés comme des armes puissantes et efficaces –, cherche à se libérer du joug du colonialisme étranger et du despotisme intérieur ; pour atteindre cet objectif, il résistera aux complots en offrant le sang de ses jeunes.


Dans un autre passage de son message, l’imam Khomeini considère la défaite américaine dans le désert de Tabas comme le résultat certain d’une aide divine invisible, et il affirme sans ambiguïté :


« Cette manœuvre absurde a été anéantie par l’ordre de Dieu le Tout-Puissant. »


(ibid., p. 256)


D’un point de vue historique, l’attaque des militaires américains et leur défaite face aux sables brûlants de Tabas évoquent l’épisode de l’attaque des éléphants d’Abraha contre la Kaaba, détruits par les petits cailloux jetés par les oiseaux Ababil. La défaite américaine, infligée par des forces divines invisibles, était si manifeste que même Harold Brown, secrétaire américain à la Défense, interrogé sur un tel désastre, répondit, stupéfait :


« L’ayatollah Khomeini est apparu au balcon de sa résidence, et à chacun de ses mouvements de la main, un avion s’est écrasé. »


Cette phrase – prononcée par un haut responsable américain – illustre la perception, même chez l’adversaire, d’une intervention providentielle.


Mais un autre passage du message de l’imam, qui peut être considéré comme une véritable prévision politique, mérite une attention particulière :


« Carter doit savoir que cet acte insensé aura un tel effet sur le peuple américain que ses partisans deviendront ses opposants. Carter doit savoir que, par cette action extrêmement maladroite, il a réduit à néant son prestige politique et doit perdre tout espoir de conserver la présidence. Carter a prouvé par cet acte qu’il avait perdu sa capacité de réflexion et qu’il était incapable de diriger un grand pays comme les États-Unis. »


(ibid., p. 256)


L’échec de l’opération américaine de libération des otages, sous la présidence de Carter, conduisit effectivement ce dernier à perdre le vote populaire lors de l’élection suivante. Incapable de résoudre la crise des otages dans les derniers jours de son mandat, il vit la confiance du peuple en lui et en son gouvernement s’évanouir. Les Républicains exploitèrent la situation, affirmant que les efforts déployés depuis des années par les États-Unis, et notamment par eux-mêmes, pour instaurer un régime vassal dans la région du Golfe, avaient été réduits à néant par la chute du Shah et par les imprudences des Démocrates. Pis encore, l’incompétence des Démocrates avait été telle que certains avaient osé prendre en otage des diplomates américains.


L’opinion publique bascula vers les Républicains, infligeant une lourde défaite aux Démocrates. Cette année-là, le sort de l’élection américaine ne se joua pas à Washington, mais dans le désert de Tabas. Carter lui-même, après sa défaite, reconnut amèrement :


« Les dernières années de ma présidence ont été entre les mains de l’ayatollah Khomeini. »


Terminons ce texte par cette phrase du New York Times :


« La blessure de la défaite subie par les Américains en Iran ne les quittera pas. Cette défaite a de nouveau porté atteinte à leur fierté et à leur confiance en eux. »