Que signifie Ramadan et quelle est la raison de la supériorité de ce mois sur les autres mois ?

Différentes raisons ont été évoquées pour expliquer la supériorité du mois béni du Ramadan sur les autres mois.

ID: 85328 | Date: 2026/02/19

Selon le rapport de l’agence de presse Jamaran, quant à la raison pour laquelle le mois béni du Ramadan jouit d’une supériorité sur les autres mois, différentes raisons ont été énoncées, que nous mentionnons ci-après :


« Ramadan » vient du mot « ramḍā’ » qui signifie chaleur intense et désigne le fait de brûler.(1) Puisqu’en ce mois les péchés de l’homme sont pardonnés, on l’a appelé le mois béni du Ramadan.


Le noble Prophète (que la paix et les bénédictions soient sur lui) dit : « Innamā summiya-r-Ramaḍānu li-annahu yarmuḍu-dh-dhunūb ; le mois du Ramadan a été ainsi nommé parce qu’il brûle les péchés. »(2)


Ramadan est le nom de l’un des mois du calendrier lunaire et le seul mois lunaire dont le nom figure dans le Coran.


C’est en ce mois que les Livres célestes – le saint Coran, l’Évangile, la Torah, les Feuillets (Ṣuḥuf) et les Psaumes (Zabūr) – ont été révélés.(3)


 


Ce mois est appelé dans les traditions islamiques le mois de Dieu et le banquet de la communauté du noble Prophète (que la paix et les bénédictions soient sur lui) ; Dieu Très-Haut y accueille Ses serviteurs avec la plus grande générosité et la plus grande bienveillance. Le noble Prophète (que la paix et les bénédictions soient sur lui) dit : « Le mois de Rajab est le mois de Dieu, le mois de Sha‘bān est mon mois et le mois du Ramadan est le mois de ma communauté.(4) Quiconque jeûne la totalité de ce mois, il incombe à Dieu de lui pardonner tous ses péchés, de lui garantir le reste de sa vie et de le protéger de la soif brûlante et douloureuse du Jour du Jugement. »(5)


Ce mois jouit parmi les musulmans d’un respect, d’une importance et d’une place particuliers ; il est le mois de leur cheminement spirituel. Les croyants, en se préparant et en créant les conditions spirituelles nécessaires durant les mois de Rajab et de Sha‘bān de chaque année, se disposent à entrer dans ce mois sacré et béni. Avec l’avènement de ce mois, avec ferveur et enthousiasme, en offrant de la nourriture et des repas de rupture du jeûne aux nécessiteux, par les veillées nocturnes et l’adoration, la récitation du Coran, l’invocation, la demande de pardon, l’aumône, le jeûne, etc., ils abreuvent leur âme et leur esprit à la source de la grâce divine.


 


Les vertus du mois du Ramadan


Bien qu’énumérer toutes les vertus du mois béni du Ramadan dépasse le cadre de cet article, il n’est pas sans intérêt de mentionner certaines de ses vertus du point de vue du Coran et des traditions islamiques.


 


1. Le meilleur mois de l’année


Le mois béni du Ramadan, en raison de la révélation du saint Coran en son sein et des caractéristiques uniques qu’il possède, est le meilleur des mois de l’année lunaire. Le saint Coran dit : « Le mois du Ramadan est le mois au cours duquel le Coran a été révélé pour guider les hommes. »(6)


 


Le noble Prophète (que la paix et les bénédictions soient sur lui) dit au sujet du mois du Ramadan : « Ô gens ! Le mois de Dieu s’avance vers vous avec bénédiction, miséricorde et pardon ; un mois qui, auprès de Dieu, est supérieur à tous les mois, dont les jours sont supérieurs à tous les jours, les nuits supérieures à toutes les nuits et les heures supérieures à toutes les heures ; un mois durant lequel vous êtes invités à la réception de Dieu et êtes l’objet de Sa faveur ; vos souffles y sont glorification, votre sommeil y est adoration, vos actes y sont agréés et vos invocations y sont exaucées… Ce sont les meilleures heures durant lesquelles Dieu porte sur Ses serviteurs un regard de miséricorde… »(7)


2. La révélation des Livres célestes en ce mois


Tous les grands Livres célestes tels que le saint Coran, la Torah, l’Évangile, les Psaumes et les Feuillets ont été révélés en ce mois. L’Imam Ṣādiq (que la paix soit sur lui) dit : « L’intégralité du saint Coran a été révélée au Bayt al-Ma‘mūr (la Maison peuplée) durant le mois du Ramadan, puis a été révélée au noble Prophète (que la paix et les bénédictions soient sur lui) sur une période de vingt ans. Les Feuillets d’Abraham ont été révélés la première nuit du mois du Ramadan, la Torah le sixième jour, l’Évangile le treizième jour et les Psaumes le dix-huitième jour du mois du Ramadan. »(8)


 


3. La grâce du jeûne


Durant le mois du Ramadan, Dieu Très-Haut a accordé à Ses serviteurs la grâce du jeûne : « Quiconque d’entre vous est présent en ce mois, qu’il jeûne. »(9)


L’homme, en plus de sa dimension matérielle et corporelle, possède également une dimension spirituelle et de l’âme, et chacune de ces dimensions nécessite des programmes spécifiques pour atteindre sa perfection souhaitée. L’un de ces programmes, pour renforcer et développer la dimension spirituelle, est la piété et la crainte révérentielle ; c’est-à-dire que si l’homme veut se développer et s’épanouir sur le plan spirituel et atteindre la pureté et la perfection souhaitées, il doit maîtriser ses passions et éliminer un à un les obstacles à sa croissance, et ne pas se laisser absorber par les plaisirs et les désirs charnels. L’un des actes efficaces et bénéfiques à cet égard est le jeûne. Le saint Coran dit : « … Ô vous qui avez cru ! Le jeûne vous a été prescrit, comme il a été prescrit à ceux qui vous ont précédés, afin que vous soyez pieux. »(10)


 


Quelques bienfaits et vertus du jeûne :


a. Renforcement de la piété, de la crainte révérentielle et de la sincérité ;(11)


L’Imam Ṣādiq (que la paix soit sur lui) rapporte que Dieu Très-Haut a dit : « Le jeûne est pour Moi et c’est Moi qui en donne la récompense. »(12)


Sayyida Fāṭima (que la paix soit sur elle) dit : « Dieu a rendu le jeûne obligatoire pour affermir la sincérité. »(13)


 


b. Protection contre les châtiments d’ici-bas et de l’au-delà :


L’Imam ‘Alī (que la paix soit sur lui) dit : « Le jeûne amincit les entrailles, fait fondre la chair et éloigne de la chaleur brûlante de l’Enfer. »(14)


Le noble Prophète (que la paix et les bénédictions soient sur lui) dit : « Le jeûne est un bouclier contre le Feu. »(15)


 


c. Sérénité de l’âme et du corps :


Le jeûne procure la sérénité à l’âme, à l’esprit, au cœur et également au corps, et est source de santé de l’âme et de bien-être du corps.


Le noble Prophète (que la paix et les bénédictions soient sur lui) dit : « Jeûnez afin de demeurer en bonne santé. »


Il dit également : « L’estomac est la demeure de toutes les maladies et l’abstinence (le jeûne) est le meilleur des remèdes. »(16)


L’Imam Bāqir (que la paix soit sur lui) dit : « Le jeûne et le pèlerinage apaisent les cœurs. »(17)


L’Imam ‘Alī (que la paix soit sur lui) dit : « Dieu préserve Ses serviteurs croyants par les prières, la zākat et la pratique du jeûne – les jeûnes obligatoires du Ramadan – afin d’apaiser leurs membres et organes, d’inspirer l’humilité à leurs regards, la modestie à leurs âmes et la soumission à leurs cœurs. »(18)


De nos jours, la science médicale et le domaine de l’hygiène et de la santé ont également établi, chacun dans leur domaine, que le jeûne a de nombreux effets bénéfiques sur la sérénité de l’âme et de l’esprit ainsi que sur la santé du corps : l’élimination des graisses superflues, la régulation de la pression artérielle, de la glycémie, etc. en sont des exemples.(19)


 


d. Barrière contre l’influence de Satan :


L’Imam ‘Alī (que la paix soit sur lui) demanda au noble Prophète (que la paix et les bénédictions soient sur lui) : Ô Messager de Dieu ! Qu’est-ce qui éloigne Satan de nous ? Le noble Prophète (que la paix et les bénédictions soient sur lui) répondit : « Le jeûne noircit son visage et l’aumône lui brise le dos. »(20)


Ainsi, le jeûne constitue une barrière contre l’influence des démons parmi les djinns et les hommes, et neutralise leurs tentations.


 


e. Égalité entre le riche et le pauvre :


L’homme qui jeûne, lorsqu’il éprouve la faim et la soif, se souvient des pauvres et des démunis et, par conséquent, se hâte de leur venir en aide. L’Imam Ḥasan al-‘Askarī (que la paix soit sur lui) dit au sujet de la raison de l’obligation du jeûne : « Afin que le riche goûte la douleur de la faim et qu’ainsi il vienne en aide au nécessiteux. »(21)


 


f. Ravivation des vertus morales


L’Imam Riḍā (que la paix soit sur lui) dit au sujet de la raison de l’obligation du jeûne : « Afin que les gens goûtent la souffrance de la faim et de la soif et prennent conscience de leur besoin dans l’au-delà ; et que le jeûneur, du fait de la faim et de la soif, soit humble, modeste et soumis, méritant, aspirant à l’agrément et à la récompense de Dieu, connaissant et patient, et qu’il mérite ainsi la récompense… Le jeûne entraîne l’abstinence des désirs charnels ; également afin que le jeûne soit pour eux un conseiller en ce monde et les discipline et les entraîne dans l’accomplissement de leurs devoirs, et les guide vers la récompense ; et qu’ils prennent la mesure de la difficulté, de la soif et de la faim que les nécessiteux et les indigents endurent en ce monde et qu’en conséquence, ils leur versent les droits que Dieu a rendus obligatoires dans leurs biens… »(22) etc.


 


4. L’existence de la Nuit du Destin en ce mois


La Nuit du Destin (Laylat al-Qadr) est l’une des nuits dont la valeur surpasse celle de mille mois ; en cette nuit, les anges descendent par la permission de Dieu et déterminent l’ensemble des destinées des serviteurs pour l’année entière.(23) L’existence de cette nuit en ce mois béni est un bienfait et un don divin pour la communauté du noble Prophète de l’islam (que la paix et les bénédictions soient sur lui) ; les destinées d’une année des hommes (vie, mort, subsistance, etc.) sont déterminées en fonction des mérites et des dispositions que les hommes ont eux-mêmes créés. En une telle nuit, l’homme peut, par la réflexion et la méditation, revenir à lui-même, évaluer les actes d’une année entière et, en créant les conditions favorables, se forger le meilleur destin.(24)


L’Imam Ṣādiq (que la paix soit sur lui) dit : « La détermination des destinées a lieu la nuit du dix-neuvième, leur confirmation la nuit du vingt-et-unième et leur ratification la nuit du vingt-troisième. »(25)


 


5. Le printemps du Coran


Étant donné que le saint Coran a été révélé durant le mois béni du Ramadan et que la récitation de ses versets en ce mois possède une grande vertu, dans les traditions islamiques, le mois du Ramadan est désigné comme le printemps du Coran. Ainsi, l’Imam Bāqir (que la paix soit sur lui) dit : « Chaque chose a un printemps, et le printemps du Coran est le mois du Ramadan. »(26)


 


Une remarque !


Il va de soi que les vertus et les récompenses mentionnées pour le mois béni du Ramadan et le jeûne, dont certaines ont été évoquées, reviennent à ceux qui en saisissent la vérité, mettent en pratique son contenu dans leurs paroles et leurs actes, et y donnent corps. De même, dans les traditions islamiques, des règles de conduite ont été mentionnées pour le jeûne ; et ceux qui se contentent de réciter le Coran sans mettre en pratique ses versets et ses préceptes, ou qui ne retirent du jeûne que la souffrance de la faim et de la soif et anéantissent l’effet du jeûne par le péché, et sur lesquels le mois béni du Ramadan et son atmosphère spirituelle n’ont aucun effet, ont été blâmés.


 


Ainsi, le noble Prophète (que la paix et les bénédictions soient sur lui) dit à une femme qui, tout en jeûnant, insultait sa servante : « Comment peux-tu jeûner alors que tu insultes ta servante ?! Le jeûne ne consiste pas seulement à s’abstenir de manger et de boire ; Dieu en a fait également, en plus de ces deux choses, un frein aux actes et aux paroles vils qui rendent le jeûne sans effet. Combien peu nombreux sont les jeûneurs et combien nombreux sont ceux qui endurent la faim ! »(27)


 


L’Imam Sajjād (que la paix soit sur lui), dans l’invocation de l’avènement du mois du Ramadan, implore Dieu en ces termes : « Par le jeûne de ce mois, aide-nous à préserver nos membres des actes de désobéissance envers Toi et à les employer dans les actes qui Te satisfont ; afin que nous n’écoutions pas de paroles vaines avec nos oreilles, que nous ne nous précipitions pas avec nos yeux vers la distraction et le divertissement, que nous ne tendions pas nos mains vers l’illicite, que nous ne marchions pas avec nos pieds vers ce qui est interdit, que nos ventres ne reçoivent que ce que Tu as rendu licite, et que nos langues ne prononcent que ce que Tu as enseigné et énoncé… »(28)


Par conséquent, durant le mois béni, il faut préserver tous les membres et organes de l’illicite et, avec sincérité, confiance en Dieu et intercession des Gens de la Maison prophétique (que la paix soit sur eux), en mettant en pratique les commandements et les préceptes du saint Coran et en s’éloignant des péchés, en accomplissant un repentir sincère et véritable, par l’adoration, les veillées nocturnes, l’obtention de la vertu de la Nuit du Destin, etc., il faut saisir la vertu du mois béni du Ramadan et s’en servir pour avancer vers la perfection. Il faut, en ce mois, travailler sur soi de telle sorte qu’à l’issue du mois béni, ses effets et ses bienfaits demeurent dans l’âme et l’esprit des personnes et que leur empreinte perdure jusqu’au mois du Ramadan de l’année suivante.


 



 



Notes


1. Mufradāt alfāẓ al-Qur’ān, Rāghib al-Işfahānī, p. 209, Dār al-Kitāb al-‘Arabī, Beyrouth.


2. Biḥār al-Anwār, ‘Allāma Majlisī, vol. 55, p. 341, Mu’assasat al-Wafā’, Beyrouth.


3. Cf. : Al-Kāfī, Muḥammad ibn Ya‘qūb al-Kulaynī, vol. 2, p. 628, Dār al-Kutub al-Islāmiyya, Téhéran.


4. Wasā’il al-Shī‘a, Shaykh Ḥurr al-‘Āmilī, vol. 2, p. 628, Dār al-Kutub al-Islāmiyya, Téhéran.


5. …


6. Sourate al-Baqara, verset 185.


7. Cf. : Wasā’il al-Shī‘a, op. cit., vol. 10, p. 313.


8. Cf. : Al-Kāfī, op. cit., vol. 2, p. 628.


9. Sourate al-Baqara, verset 185.


10. Sourate al-Baqara, verset 183.


11. Ibid.


12. Mīzān al-Ḥikma, Muḥammad Muḥammadī Rayshahrī, trad. : Ḥamīdreḍā Shaykhī, vol. 7, p. 3207, Mu’assasat Dār al-Ḥadīth, Qom.


13. Ibid., p. 3209.


14. Ibid.


15. Ibid.


16. Ibid.


17. Ibid.


18. Ibid.


19. Tafsīr-e Nemouneh, Āyatollāh Makārem Shīrāzī et al., vol. 1, p. 631, Dār al-Kutub al-Islāmiyya, Téhéran.


20. Mustadrak al-Wasā’il, Muḥaddith Nūrī, vol. 7, p. 154, Mu’assasat Āl al-Bayt, Qom.


21. Mīzān al-Ḥikma, op. cit.


22. Ibid., p. 3209.


23. Sourate al-Qadr, versets 1–5.


24. Tafsīr al-Mīzān, ‘Allāma Ṭabāṭabā’ī, vol. 18, p. 132 ; vol. 19, p. 90, Mu’assasat Maṭbū‘ātī Ismā‘īliyān, Qom.


25. Wasā’il al-Shī‘a, op. cit., vol. 10, p. 354.


26. Wasā’il al-Shī‘a, op. cit., vol. 6, p. 203.


27. Al-Kāfī, op. cit., vol. 4, p. 87.


28. Al-Ṣaḥīfa al-Sajjādiyya, Imam Sajjād (que la paix soit sur lui), p. 186, Daftar-e Nashr al-Hādī, Qom.