Une question vieille de siècles
Il a ouvert son propos par une énigme que les exégètes débattent depuis des siècles. Dans la sourate An-Nisâ, verset 136, Dieu s’adresse aux croyants en ces termes : « Ô vous qui croyez, croyez. » Paradoxe apparent : si l’on croit déjà, comment peut-on croire à nouveau ? Certains commentateurs répondent : approfondissez votre foi, perfectionnez-la.
Deux niveaux de foi
Seyyed Hassan Khomeinï a distingué deux niveaux de foi. Le premier est intellectuel : prononcer les deux témoignages, raisonner, argumenter. C’est la foi en tant que proposition — utile, nécessaire, mais insuffisante. Le second est d’un tout autre ordre.
« La foi qui déplace les montagnes n’est pas dans les livres ni dans les syllogismes. Elle est de l’ordre de l’expérience directe, de la contemplation intérieure — le shohôud. »
Il a cité Ali ibn Abi Tâlib — que la paix soit sur lui : « Je n’adore pas un Dieu que je ne vois pas. » Et d’observer avec lucidité : « Nous, nous adorons un Dieu que nous avons accepté au terme d’un raisonnement. Et encore — à condition que ce ne soit pas par simple imitation. »
Le Coran vivant
« Le Coran ne se lit pas, il se reçoit. Pour ceux qui atteignent la contemplation intérieure, il se révèle instant après instant. Si vous entrez vraiment dans cet état, le Coran entre dans votre cœur. »
Il a rappelé une tradition des séminaires : lors de la dernière séance avant les vacances, les maîtres partagent une pensée essentielle. L’Imam Khomeinï, lui, se contentait de réciter un seul verset : « Levez-vous pour Dieu, deux par deux ou seuls » (Coran, 34 : 46). Se lever pour Dieu, c’est Le voir, Le ressentir.
Une seule marche suffit
Le texte coranique, sa récitation, son exégèse, la foi intellectuelle — tout cela n’est qu’une porte. « Certains martyrs ont parcouru en une seule nuit le chemin de cent ans. » Khwaja Abdullah Ansârî décrit cent étapes dans son Manâzil al-Sâ’irîn. Hafez, lui, résume tout en un vers : « Pose un seul pas sur ton ego, l’autre sera dans la demeure du Bien-Aimé. »
Foi et action : les deux ne s’opposent pas
Se lever pour Dieu, cela ne veut pas dire croiser les bras en attendant la Providence. « Ayez foi en Dieu — oui. Mais gardez-vous du fatalisme. La sagesse, la raison et la prévoyance font partie intégrante de la foi. » Quand l’armée d’Ali partait au combat contre les troupes de Mu’âwiya, elle ne disait pas : « Puisque Dieu est avec nous, inutile de s’organiser. » Elle disposait d’une aile droite, d’une aile gauche et d’un centre.
L’appel du 22 Bahman
L’héritier de l’Imam a conclu sur une note d’appel : « Nous approchons du 22 Bahman. Que chacun, Inch’Allah, soit présent — non par habitude, mais avec une foi vivante. Une foi en Dieu, aux Imams, au Prophète, à la puissance divine infinie — et à la prévoyance que Dieu nous a enjoint de mettre en œuvre. »