Seyyed Hassan Khomeini : « Ceux qui attendent le Réformateur doivent être vertueux et agir »

Lors d’une rencontre avec le secrétaire général et les employés de l’Assemblée mondiale d’Ahl al-Bayt, Seyyed Hassan Khomeini a développé une réflexion approfondie sur le sens de l’attente messianique dans le chiʿisme duodécimain, entre espérance spirituelle et exigence d’engagement.

ID: 85277 | Date: 2026/02/10

L’Imam caché : pilier distinctif de la foi chiʿite


Seyyed Hassan Khomeini a déclaré : « Ce qui distingue le chiʿisme, c’est notre conviction qu’un Imam vivant est présent au sein de la société, mais qu’il est caché aux regards pour certaines raisons. Dans nos prières, nous portons plainte devant Dieu pour l’occultation de notre Guide. »


L’héritier de l’Imam a poursuivi : « Nous attendons que [l’Imam du Temps] sorte un jour de derrière le voile et se manifeste ; nous attendons qu’il passe de l’occultation à l’apparition et à la présence. Cette attente n’est pas celle de la naissance de quelqu’un ; c’est l’attente du retour d’un Guide dont nous croyons qu’il administre déjà les affaires en ce moment même. Nous croyons que chaque vendredi, nos dossiers lui sont remis, et que les nuits du Destin, il signe le registre de nos actes. Il ne s’agit donc pas de se contenter d’attendre et de prier ; nous implorons également son secours. »


Il a ajouté : « Dans l’école des Ahl al-Bayt, il y a un autre enseignement : sans que les affaires leur aient été expressément déléguées, nous croyons qu’ils peuvent intercéder auprès du Dieu Très-Haut, et nous en faisons nos intercesseurs. Nous croyons que l’Imam du Temps est l’intermédiaire de la grâce divine. »


Entre force et responsabilité : ce que signifie croire en l’Imam absent


Seyyed Hassan Khomeini a insisté : « La croyance en un Imam absent qui est à la fois présent et attendu nous donne de la force tout en nous imposant des responsabilités — et ces deux dimensions sont indissociables. Elle nous donne de la force, parce que vous n’êtes pas seuls : vous avez un maître sur lequel vous pouvez vous appuyer. Elle donne force et espoir, et l’être humain ressent qu’il existe quelqu’un qui le protège, que le monde tourne au bout de son doigt, et qu’il peut intercéder en sa faveur devant Dieu. »


Il a ajouté : « Elle impose également une responsabilité supplémentaire : ceux qui attendent le Réformateur doivent être vertueux. Ceux qui attendent le Réformateur ne peuvent se permettre d’avoir les mains souillées. »


Agir seul ou ensemble : la leçon coranique de la synergie humaine


L’héritier de l’Imam, faisant référence au verset coranique « Dis : Je ne vous exhorte qu’à une seule chose : que vous vous leviez pour Dieu, deux par deux ou individuellement » (Sourate Saba, 34 : 46), a déclaré : « Ce verset nous dit d’abord : trouvez des compagnons, travaillez collectivement, et si cela s’avère impossible, agissez seul. Car en mathématiques, deux plus deux font quatre, mais dans la somme humaine, deux plus deux peuvent faire cent. Il est également possible que deux plus deux donnent zéro, et que les uns et les autres s’annulent mutuellement. Cinq personnes animées d’une même volonté et d’un même élan peuvent créer un courant impétueux ; mais si elles travaillent mal ensemble, elles ruineront naturellement toute entreprise. »


La pureté intérieure comme condition de l’attente véritable


Il a insisté : « Ceux qui attendent le Réformateur doivent être vertueux, sans quoi ils mentent et ne sont pas de véritables croyants dans l’attente. Ils doivent commencer par le for intérieur de leur propre cœur, accomplir leur devoir, mettre de côté leurs sympathies et leurs antipathies, et se réfugier auprès de Dieu pour leurs erreurs. L’être humain doit se prémunir contre les fautes qu’il commet, qu’elles soient intentionnelles ou involontaires. »


L’héritage de la Révolution : deux forces indissociables


Dans une autre partie de son discours, Seyyed Hassan Khomeini a déclaré : « Aux jours de la victoire de la Révolution, deux forces se sont révélées simultanément : le recours au Guide de Dieu et l’imploration de son secours, d’une part, et la prise de responsabilité vertueuse, de l’autre. À la fois le regard tourné vers le Guide de Dieu — la certitude qu’il existe quelqu’un pour nous soutenir — et la conviction que nous devons nous-mêmes nous mettre en marche, afin que, pour reprendre une formule, le mouvement vienne de vous et la bénédiction de Dieu. Louange à Dieu, cette voie a été poursuivie après l’Imam par le Guide Suprême. C’est grâce à ces vertueux et à ces croyants véritablement en attente que nous avons franchi les passes difficiles et déjoué les complots. »


La grande œuvre accomplie par l’Imam et la Révolution islamique d’Iran fut de transformer l’attente — qui se résumait jusqu’alors à se retirer du monde et à se bercer de vains espoirs — en un mouvement des vertueux. Le vertueux est tenu d’accomplir son devoir ; à défaut, il ne mérite pas ce nom. Il n’est vertueux qu’à la condition d’agir conformément à ses obligations. Plus vos responsabilités sont grandes, plus votre liberté de volonté s’élargit, et dans la même mesure s’élève votre devoir : faire les bons choix et accomplir ce qui est juste.


Un appel pour le 22 Bahman


L’héritier de l’Imam a conclu : « Nous espérons que Dieu unira à nouveau les cœurs du peuple, et que le 22 Bahman nous offrira une présence fervente, capable de briser l’ennemi — montrant une fois de plus au monde que si le regard de la nation iranienne est tourné vers son Guide, elle n’en accomplit pas moins sa responsabilité en tant que vertueuse, ou du moins en tant que personne qui s’efforce de l’être. »